» 1900-2016 -Voyage Olympique dans le golf

Margarett Abott USA GolfMargarett ABOTT / Elle était américaine, elle avait 22 ans (15 Juin 1878, 10 Juin 1955) et jouait au Chicago GC, club qu’elle avait rejoint en 1897, 2 de handicap après un an de golf. Grande et athlétique, elle symbolisait l’émergence d’une génération de sportives américaines, qui commençaient à s’affranchir des corsets et autres carcans, prémices du grand virage féminin des années 20.

Elle part pour la France en 1899, un long séjour programmé par sa mère, écrivain et éditeur, qui veut visiter l’exposition universelle de Paris et écrire un roman. Margaret doit mettre son voyage à profit pour enrichir sa culture artistique.

C’est sur le parcours de Compiègne, qui fête ses 120 ans cette année, que Margaret Abbott va entrer dans l’histoire, un fait d’armes dont elle ne saura jamais rien, la reconnaissance des épreuves jouées comme olympiques n’étant intervenue qu’après sa mort. En 1900, en marge de l’exposition universelle de Paris, les jeux de l’expotion s’organisent sous la houlette de Pierre de Coubertin, avec du golf, masculin ET féminin, alors que le grand maître des JO de l’ère moderne, déclarait huit ans plus tôt « le véritable héros olympique est à mes yeux l’adulte mâle individuel… »

Golf de Compiegne 1900

Golf de Compiegne 1900

Les épreuves de golf dureront deux jours, mettant en lice trente hommes et treize femmes représentant cinq nations, sur le parcours de Compiègne qui est décrit par la presse américaine comme « un admirable 18 trous et des aménagements parfaits. De nombreux bunkers défendent les trous ; des arbres hauts, d’épais buissons et de hautes herbes rendent le jeu difficile. »

Margaret décrochera son titre olympique sur neuf trous, avec un score de 47, devenant la première championne olympique de golf. Elle déclarera à la presse devoir sa victoire au fait que « les Françaises n’avaient pas l’air de savoir ce qu’était le golf, venues jouer en jupe étroite et talons hauts. »

JO 1904

Médailles 1904 Jeux Olympiques Golf.png

Fin de l’histoire du golf féminin au JO, en 1904 à Saint-Louis, dernière apparition du golf aux JO, il n’y a tout simplement pas d’épreuve féminine au programme, malgré une participation nettement en hausse.

Prochain chapitre à écrire, à Rio du 17 au 20 août, avec cette fois 60 joueuses en lice !

Sources : CIO et Georges Jeanneau « Le Golf et les Jeux Olympiques »

1ère épreuve olympique sur 9 trous…

RÉSULTATS ÉPREUVES

ÉDITION DES JEUX EPREUVE OU ARGENT BRONZE
Saint-Louis 1 904 Individuel
George LYON

PEUT

Henri Chandler EGAN

Etats-Unis

Burt P. Mckinnie
Francis NEWTON

Etats-Unis

Saint-Louis 1 904 Par Équipes
Warren BOIS
Robert HUNTER
Clement SMOOT
Nathaniel poisson MOORE
Walter Egan
Daniel Edward SAWYER
Edward CUMMINS
Kenneth EDWARDS
Mason PHELPS
Henri Chandler EGAN

Etats-Unis

1,749
Francis NEWTON
Burt P. Mckinnie
Frederick SEMPLE
Albert LAMBERT
John CADY
William STICKNEY
Ralph MCKITTRICK
Stuart Grosvenor STICKNEY
John Maxwell
Henry POTTER

Etats-Unis

1770
Simeon PRIX
John RAHM
Arthur HUSSEY
Allen SAINDOUX
Jesse CARLETON
Harold WEBER
Harold FRASER
Orus JONES
Douglas Cadwallader
George OLIVER

Etats-Unis

1,839
Paris 1900 Individuel
Charles SANDS

Etats-Unis

167 P.
Walter RUTHERFORD

GBR

168 P.
David Robertson

GBR

175 P.
Paris 1900 Individuel
Margaret ABBOTT

Etats-Unis

47 P.
Pauline WHITTIER

Etats-Unis

49 P.
Daria PRATT

Etats-Unis

53

Au-delà de la performance

Pour combler ce manque, une équipe du Musée Olympique s’est lancée dans un marathon d’interviews avec des olympiens originaires de plusieurs pays et pratiquant différents sports. À ce jour, près de 500 entretiens ont été réalisés ! Au fin fond du village olympique, dans un petit studio tout simple, l’équipe boit les paroles émouvantes des athlètes qui défilent devant la caméra.
Les entrevues portent sur les histoires et anecdotes autour d’une course ou d’une médaille… Elles permettent de découvrir l’athlète et son parcours. Ce patrimoine immatériel enrichit autrement les collections. Avec lui, la mémoire olympique s’incarne dans l’expérience d’hommes et de femmes du monde entier qui ont été au cœur des Jeux. Il donne également au public la possibilité d’écouter les sportifs expliquer la manière dont les Jeux ont changé leur vie !

Quelques paroles d’olympiens
Kaveh Mehrabi (IRI)
« Si vous êtes un olympien, vous ne choisissez pas d’être ou non un modèle. Vous êtes un modèle. »
« Once you’re an Olympian it’s not your choice whether you are a role model or you’re not. You are a role model. »
Janica Kostelic (CRO)
« Cela peut paraître étrange, mais sans mes blessures, je ne serais jamais arrivée au niveau que je voulais atteindre. »
« I think without injuries actually, it might sound awkward, but I don’t think I could come to the highest level of what I wanted. »
Marjorie Jackson (AUS)
« Ma devise est : ‘je ne peux pas’ ne fait pas partie de mon vocabulaire. »
« My motto is: can’t isn’t in my dictionary »
Pavol Hochschorner (SLO)
« En tant que triple champion olympique, j’admire les autres champions car je sais ce que cachent ces victoires. »
« As a triple Olympic champion I admire other champions because I understand what lies behind their successes. »
Pernilla Wiberg (SWE)
« Le plus important est que vous ayez le sentiment d’avoir atteint vos objectifs, et non ceux des personnes qui vous entourent. »
« The important thing is that you feel that you have achieved your goals not the goals of other people surrounding you. »
Muhammad Ali (USA)
« On ne devient pas champion dans un gymnase. On devient champion grâce à ce qu’on ressent : un désir, un rêve, une vision. »
« Champions aren’t made in gyms. Champions are made from something they have deep inside them – a desire, a dream, a vision. »
John-Stephen Akhwari (TAN)
« Mon pays ne m’a pas envoyé à Mexico pour prendre le départ de la course. Il m’y a envoyé pour que je la finisse. »
“My country didn’t send me to Mexico to start the race. They sent me here to finish.”Travailler le corps, construire la performance

Mais la morphologie ne suffit pas !

La performance se cuisine avec de nombreux ingrédients.

Un sport, un corps

Les nageurs ont le haut du corps très développé,

les gymnastes sont longilignes et les joueurs de basketball plutôt grands.

Ce n’est pas le hasard !

Nul ne naît champion, mais chaque sport requiert une physionomie singulière ; ainsi que des aptitudes particulières.

Le skieur doit avoir un bon sens de l’équilibre ;

le lanceur de marteau une masse musculaire développée ;

le tennisman une excellente perception visuelle.

Pour autant, tous les pratiquants d’un même sport ne sont pas des clones !

Par exemple, les trois médaillés olympiques du 100 m en 2008 à Beijing mesuraient respectivement 1,96 m, 1,88 m et 1,73 m…

En 2008-2009, les deux meilleurs buteurs du FC Barcelone mesuraient l’un 1,92 m et l’autre… 1,69 m !

La morphologie ne fait pas tout
Si certaines aptitudes existent à la base, d’autres doivent être développées ; et certaines sont inattendues !

Le saviez-vous ?

Le judoka malaxe de la pâte pour renforcer la puissance de ses doigts ;

le skieur travaille sa mémoire pour enregistrer chaque virage, chaque bosse du slalom qu’il a sous les yeux mais ne peut emprunter avant la compétition ;

le coureur de 10 000 m doit développer son sens tactique pour éviter de s’épuiser avant le sprint final…

Muscles et oxygène
Vous l’avez appris un jour, mais oublié depuis :

l’oxygène brûle les nutriments apportés par la nourriture pour produire l’énergie nécessaire au fonctionnement des muscles et autres organes.

Aspiré par le nez ou la bouche, l’oxygène arrive dans les poumons, est capté alors par le sang puis transporté jusqu’aux muscles.

Bref, respirer, c’est rendre le mouvement possible !

Après les Jeux de Mexico, on a cru que l’altitude, à laquelle l’organisme réagit en augmentant la fréquence cardiaque, favorisait la performance.

Ce n’est qu’à moitié vrai : elle peut aussi nuire à la masse musculaire. De nombreuses études sont menées à ce sujet.

L’ingrédient indispensable pour gagner
Les neurosciences n’existaient pas encore mais les Grecs de l’Antiquité l’avaient bien compris : pas de corps sans esprit, pas de victoire sans force mentale.

L’entraînement peut être en partie… immobile.L’entraîneur, coach mental

Il n’y a pas que le chronomètre dans la vie !

Outre les aspects purement techniques, l’entraîneur doit transformer la motivation en détermination. Il aide son athlète à identifier ses forces et faiblesses, il est à l’écoute de ses doutes, lui apprend à gérer la pression…

Un nouveau métier est né pour chapeauter tous ces enjeux délicats, particulièrement au moment des Jeux : celui de « préparateur mental ».

Il sait quels sont les mots dont l’athlète a besoin pour se motiver, il lui apprend à rester concentré, à contrôler ses frustrations.

La visualisation, pour s’y croire déjà !
Cette technique est de plus en plus utilisée par les « olympiens », les athlètes qui concourent aux Jeux Olympiques.

Qu’est-ce que c’est ?

Une sorte de rêve éveillé… Il faut être capable de « visualiser son objectif » (une médaille d’or au 100 mètres, par exemple) comme s’il était atteint.

Megan Quann-Jendrick, une nageuse américaine double médaillée d’or en 2000, à Sydney, l’a fait : « Je me suis visualisée sur le podium avec la médaille d’or autour du cou toutes les nuits depuis quatre ans. »

On parle aussi d’ « imagerie mentale », c’est à dire de répétition, dans sa tête, d’un mouvement, sans bouger la moindre partie de son corps.

Le cerveau travaille, parce qu’il croit que le geste a lieu réellement, et la performance est meilleure au moment de la compétition !

La mémoire, pour renouer avec les bons souvenirs
Se remémorer les victoires passées est également une méthode efficace et permet de ressentir à nouveau l’énergie et la confiance quand le doute assaille le champion ou la championne juste avant la compétition !

La relaxation, outil anti-anxiété
Apprendre à relâcher complètement ses muscles, c’est paradoxal pour un sportif. Et pourtant !

Les différentes techniques de relaxation permettent d’évacuer le « mauvais stress ». Si le corps est capable de se détendre, l’esprit suit.

Pour Dan O’Brian, médaillé d’or du décathlon en 1996 à Atlanta, « l’athlète doit être capable de mettre la machine en route puis de l’arrêter en très peu de temps ».

Nouvelle amie de la performance
Tout est allé si vite !

Ces 20 dernières années, la technologie la plus fine, la plus innovante, la plus surprenante, a augmenté la performance des sportifs de haut niveau.

Elle leur assure aussi un environnement plus sûr et plus équitable. Mais pour être au service des sports, les sciences doivent rester au service de l’humain.

Les matériaux intelligents, pour des athlètes performants
Les athlètes des premiers Jeux de l’ère moderne, au début du 20e siècle, en rêvaient peut-être la nuit : des tapis de réception qui amortissent les chutes, des crosses de hockey plus puissantes, un arc léger, un casque profilé pour plus d’aérodynamisme, un vélo monocoque qui réduit la résistance à l’air, des chaussures de course conçues sur mesure…

Ou bien cette incroyable raquette de tennis qui transforme l’énergie produite par l’impact de la balle en impulsion électrique, pour améliorer la rigidité du cadre et limiter les vibrations !

De nouveaux matériaux apparaissent : kevlar, fibre de verre, fibres synthétiques, carbone…

Souvent, le grand public profite également de ces prouesses technologiques, comme dans le cas des skis « profilés », plus larges, plus petits, plus maniables et très répandus aujourd’hui.

La technologie pour un meilleur arbitrage
Voilà qui a dû en soulager plus d’un !

Fini, l’injustice !

La technologie vole désormais au secours de l’arbitrage : chronomètres perfectionnés, modélisation…

En natation, le nageur stoppe lui-même son chronomètre en touchant une plaque immergée au bout du bassin, la « plaque de touche ».

En escrime, tout a changé le jour où les armes ont été électrifiées, ce qui permet une grande précision dans le comptage des touches !

Quand la technologie modifie le mouvement
Il suffit de comparer les performances d’il y a 30 ou 40 ans avec celles d’aujourd’hui pour constater que les prestations des sportifs ont changé.

Depuis 1996, le « patin clap », conçu à l’Université libre d’Amsterdam pour l’équipe néerlandaise de patinage de vitesse, permet au talon de se détacher de la lame qui reste en contact plus longtemps avec la glace.

Résultat : la force de poussée du patineur est accrue. Et les records grimpent !

Les « maniques » utilisées par le gymnaste portugais Manuel Jorge Almeida Campos,

en 2012 à Londres, ont modifié l’adhérence des mains à la barre et aux anneaux, et rendu possible de nouveaux enchaînements de figure…

Quand l’athlète est le moteur de l’innovation
Mais il ne faut pas réduire la performance à la seule technologie.

C’est la volonté de l’athlète d’innover et d’améliorer qui prime.

Prenons l’Américain Dick Fosbury, champion de saut en hauteur.

En 1968, à Mexico City, le voilà qui s’élance, dans son short blanc et son maillot bleu.

Il se propulse la tête la première, visage vers le ciel, le dos glissant au-dessus de la barre. Sidération sur le stade olympique.

Le rouleau dorsal est né, diablement plus efficace, permettant d’atteindre de grandes hauteurs, décrié puis adopté par les sauteurs du monde entier !

Le Musée Olympique à Lausanne

Le Musée Olympique rend un hommage aux hommes et aux femmes qui célèbrent et vivent l’idéal olympique: les athlètes bien sûr, mais aussi les créateurs, les architectes, les volontaires, toutes celles et ceux qui s’engagent à faire revivre, tous les deux ans, le rêve de Coubertin sous une forme à chaque fois renouvelée.

Après une période de rénovation, Le Musée Olympique a ouvert ses portes fin 2013.

Espaces d’expositions entièrement repensés, thématiques revisitées, surface d’exposition presque doublée, possibilités d’accueil accrues, parc entièrement réaménagé… C’est un musée flambant neuf qui accueille désormais ses visiteurs.

Le Musée Olympique

Le Musée Olympique rend un hommage aux hommes et aux femmes qui célèbrent et vivent l’idéal olympique: les athlètes bien sûr, mais aussi les créateurs, les architectes, les volontaires, toutes celles et ceux qui s’engagent à faire revivre, tous les deux ans, le rêve de Coubertin sous une forme à chaque fois renouvelée.

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La flamme est à vous © Musée Olympique de Lausanne
Vidéo: Le Musée Olympique – Clip UBS Kids Cup © CIO